Santé

Le ministère de la Santé alerte sur une hausse anormale des cas de rage

Entre 2022 et 2025, le nombre d’animaux diagnostiqués positifs à la rage a augmenté de 252 %

4 minutes
30 juillet 2026

ParJohanna Afriat

Le ministère de la Santé alerte sur une hausse anormale des cas de rage
Chacals Photo d'illustration : iStock

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Le ministère israélien de la Santé tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence inhabituelle de la rage dans le pays. Depuis le début de l’année, 69 cas ont été confirmés chez des animaux, et les autorités redoutent que le nombre total atteigne environ 150 d’ici la fin de 2026, un niveau jamais observé ces dernières années.

La professeure Sigal Sadetzky, directrice de la Division de la santé publique au ministère de la Santé, se dit préoccupée par l’évolution de la situation. « La rage est une maladie mortelle. Dès qu’une personne ou un animal est infecté et qu’aucun traitement préventif n’est administré à temps, l’issue est presque toujours fatale », explique-t-elle.

Transmise par un virus qui atteint le système nerveux central, la rage se propage principalement par morsure ou par contact de la salive d’un animal infecté avec une plaie ouverte ou une muqueuse. Une exposition à un animal porteur du virus peut nécessiter un traitement préventif en urgence afin d’éviter le développement de la maladie.

Une progression rapide chez les animaux sauvages

En Israël, la rage est considérée comme une maladie endémique, principalement portée par la faune sauvage. Les chacals représentent environ 60 % des animaux sauvages infectés recensés, mais des renards et d’autres mammifères peuvent également être porteurs du virus.

Les cas humains restent rares dans le pays. Depuis la création de l’État d’Israël, plusieurs décès liés à la rage ont toutefois été recensés, notamment au cours des dernières décennies chez des personnes n’ayant pas reçu de traitement préventif après une exposition.

Selon la professeure Sadetzky, l’augmentation actuelle est particulièrement préoccupante. « Nous constatons une hausse importante des cas chez les animaux sauvages, ainsi qu’une transmission des chacals vers les animaux domestiques. Parallèlement, les contacts entre les populations humaines et la faune sauvage se multiplient, avec des animaux sauvages qui pénètrent désormais davantage dans les zones urbaines. »

Elle souligne notamment la présence croissante de chacals dans certaines villes, comme Tel-Aviv, et de sangliers dans des zones urbaines comme Haïfa.

Une hausse de plus de 250 % en trois ans

Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. Entre 2022 et 2025, le nombre d’animaux diagnostiqués positifs à la rage a augmenté de 252 %. En 2022, 29 cas avaient été recensés, contre déjà 69 depuis le début de cette année.

Les autorités observent également une progression du nombre de personnes recevant un traitement préventif après une morsure ou une exposition potentielle, passé de 32 % à 43 %.

Pour les experts, plusieurs facteurs expliquent cette évolution : l’élargissement de la zone géographique touchée, les déplacements d’animaux sauvages, le nourrissage volontaire d’animaux errants, notamment par la distribution de nourriture aux chats, ainsi que la présence croissante de déchets accessibles aux animaux.

« Lorsque les animaux trouvent de la nourriture à proximité des habitations, ils se rapprochent des populations humaines », explique la professeure Sadetzky. Elle cite également l’urbanisation rapide, la réduction des habitats naturels et la multiplication des interactions entre humains et animaux sauvages parmi les facteurs aggravants.

Des cas liés à l’importation d’animaux

Le ministère de la Santé alerte également sur les risques liés à l’arrivée d’animaux provenant de zones où la rage circule davantage.

Cette année, trois situations particulièrement préoccupantes ont nécessité une intervention des autorités. Dans l’un des cas, un chien provenant du nord du pays et amené dans la région de Hadera et de Ra’anana a été en contact avec plusieurs membres d’une famille pendant la fête de Pessa’h. Dans un autre cas, un chien aurait été transféré de Ramallah vers Holon.

Un troisième épisode concernait un chien adopté, non vacciné et non examiné par un vétérinaire, transporté jusqu’à Tel-Aviv. Après avoir été emmené sur une plage, l’animal a entraîné l’identification de 52 personnes ayant été potentiellement exposées et nécessitant une prise en charge médicale.

Que faire après une morsure ?

Les autorités rappellent qu’en cas de morsure ou de contact suspect avec un animal, il est essentiel de nettoyer immédiatement la zone touchée avec de l’eau et du savon pendant une dizaine de minutes.

La personne exposée doit ensuite contacter rapidement les services de santé publique afin d’évaluer le risque et de déterminer si une vaccination préventive est nécessaire. Les autorités précisent qu’il n’est pas nécessaire d’attendre un rendez-vous : les personnes concernées peuvent se rendre directement dans un centre de santé pour une évaluation.

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