Le ministère israélien de la Santé tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence inhabituelle de la rage dans le pays. Depuis le début de l’année, 69 cas ont été confirmés chez des animaux, et les autorités redoutent que le nombre total atteigne environ 150 d’ici la fin de 2026, un niveau jamais observé ces dernières années.
La professeure Sigal Sadetzky, directrice de la Division de la santé publique au ministère de la Santé, se dit préoccupée par l’évolution de la situation. « La rage est une maladie mortelle. Dès qu’une personne ou un animal est infecté et qu’aucun traitement préventif n’est administré à temps, l’issue est presque toujours fatale », explique-t-elle.
Transmise par un virus qui atteint le système nerveux central, la rage se propage principalement par morsure ou par contact de la salive d’un animal infecté avec une plaie ouverte ou une muqueuse. Une exposition à un animal porteur du virus peut nécessiter un traitement préventif en urgence afin d’éviter le développement de la maladie.
Une progression rapide chez les animaux sauvages
En Israël, la rage est considérée comme une maladie endémique, principalement portée par la faune sauvage. Les chacals représentent environ 60 % des animaux sauvages infectés recensés, mais des renards et d’autres mammifères peuvent également être porteurs du virus.
Les cas humains restent rares dans le pays. Depuis la création de l’État d’Israël, plusieurs décès liés à la rage ont toutefois été recensés, notamment au cours des dernières décennies chez des personnes n’ayant pas reçu de traitement préventif après une exposition.
Selon la professeure Sadetzky, l’augmentation actuelle est particulièrement préoccupante. « Nous constatons une hausse importante des cas chez les animaux sauvages, ainsi qu’une transmission des chacals vers les animaux domestiques. Parallèlement, les contacts entre les populations humaines et la faune sauvage se multiplient, avec des animaux sauvages qui pénètrent désormais davantage dans les zones urbaines. »
Elle souligne notamment la présence croissante de chacals dans certaines villes, comme Tel-Aviv, et de sangliers dans des zones urbaines comme Haïfa.
Une hausse de plus de 250 % en trois ans
Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. Entre 2022 et 2025, le nombre d’animaux diagnostiqués positifs à la rage a augmenté de 252 %. En 2022, 29 cas avaient été recensés, contre déjà 69 depuis le début de cette année.
Les autorités observent également une progression du nombre de personnes recevant un traitement préventif après une morsure ou une exposition potentielle, passé de 32 % à 43 %.
Pour les experts, plusieurs facteurs expliquent cette évolution : l’élargissement de la zone géographique touchée, les déplacements d’animaux sauvages, le nourrissage volontaire d’animaux errants, notamment par la distribution de nourriture aux chats, ainsi que la présence croissante de déchets accessibles aux animaux.