Une caricature antisémite visant un journaliste de la radiotélévision publique italienne (RAI) a été affichée dans les locaux de la chaîne à Rome, suscitant une vague de condamnations. Le directeur général de la RAI a dénoncé un acte « extrêmement grave », évoquant un retour « aux heures les plus sombres » de l'histoire de l'Italie, tandis qu'une enquête a été ouverte.
L'affiche visait Giovan Battista Brunori, correspondant de la RAI à Jérusalem. Elle représentait une créature aux traits caricaturaux, coiffée d'une kippa, portant des peot et tenant un micro de la chaîne. Le dessin faisait également référence à son traitement médiatique de l'attentat perpétré la semaine dernière en Samarie, au cours duquel deux officiers de réserve de Tsahal, Benayahu Melat et Yuval Ezra, ont été tués.
Selon plusieurs médias italiens et israéliens, le journaliste avait utilisé le terme italien escursionisti (« randonneurs ») pour désigner les victimes, reprenant les termes du communiqué publié par l'armée israélienne et les médias israéliens. Ce choix lexical avait suscité de vives critiques de la part de responsables et de militants de gauche en Italie affirmant qu'il ne traduisait pas, selon eux, les activités jugées hostiles envers les Palestiniens des Israéliens impliqués et que le terme qui aurait dû être utilisé était « colons » .
L'affiche antisémite, placardée sur un panneau d'affichage de Radio 1 dans les locaux de la RAI, était signée par deux organisations pro-palestiniennes. Elle portait le titre « L'EscurSIONISTA », un jeu de mots associant le terme escursionista au mot « sioniste ».
Le directeur général de la RAI, Giampaolo Rossi, a fermement condamné cette initiative. Dans un communiqué, il a dénoncé « un incident extrêmement grave », survenu après plusieurs jours de polémiques et de menaces visant le journaliste.
« Cette caricature reprend les codes de la pire propagande antisémite du passé », a-t-il déclaré. Son affichage dans les locaux mêmes de la télévision publique constitue, selon lui, « une tentative d'intimidation et d'isolement des journalistes qui rappelle les heures les plus sombres de l'histoire de notre pays ».
La direction de la RAI a immédiatement signalé les faits à la police italienne, qui a ouvert une enquête. Une procédure interne a également été lancée afin de déterminer les circonstances dans lesquelles l'affiche a été introduite et affichée dans les locaux de la chaîne.