Quelques heures après le départ sans autorisation de plusieurs dizaines de combattants du bataillon Tsabar de la brigade Givati, stationnés à la base Sde Teman, l'armée israélienne a annoncé que la plupart d'entre eux avaient regagné leur unité. Cet incident disciplinaire, inédit au sein d'une unité combattante en opération, a parallèlement été largement exploité par les médias pro-iraniens et proches du Hezbollah, qui y voient le signe d'un prétendu « effondrement » de l'armée israélienne.
L'incident a éclaté ce jeudi à la mi-journée, lorsque des dizaines de soldats expérimentés ont quitté la base en scandant « À bas les officiers ! ». Leur colère faisait suite à la décision du commandant du bataillon de retirer puis de détruire plusieurs emblèmes traditionnels du bataillon, notamment des sculptures en bois représentant des figures comme « Satan » ou « l'Ange de la Mort », utilisées depuis des années comme symboles identitaires par les combattants.
En fin de journée, Tsahal a indiqué que le taux de retour était élevé et que de nombreux soldats avaient déjà réintégré la base. Le rassemblement prévu pour faire le point sur la situation a été reporté afin de permettre le retour du plus grand nombre.
« Il s'agit d'un incident disciplinaire grave et inacceptable au sein de Tsahal », a déclaré un haut responsable militaire. « Mais tous les combattants de ce bataillon, du commandant au dernier soldat, ont combattu et risqué leur vie sur plusieurs fronts. Les commandants traiteront cette affaire avec fermeté, tout en faisant preuve de responsabilité envers leurs soldats. »
Une affaire rapidement récupérée par les médias pro-iraniens
Au-delà de la crise interne, l'affaire a rapidement pris une dimension médiatique régionale. Les médias soutenus par l'Iran et les organisations hostiles à Israël ont largement relayé les images de soldats quittant la base et des armes laissées sur place, en les présentant comme la preuve d'une profonde crise au sein de Tsahal.
L'agence iranienne Tasnim a évoqué un « effondrement de l'armée israélienne », affirmant que les soldats avaient « abandonné leurs armes et fui la base ». De son côté, la chaîne Al Jazeera a diffusé des images des armes déposées par les militaires, accompagnées d'extraits de la presse israélienne relatant les faits.