À quelques mois des élections israéliennes, le quotidien britannique dresse le portrait du chef du parti Les Démocrates. sous le titre . « le rival de Benyamin Netanyahou qui a déclaré qu'Israël tue des bébés pour le plaisir », référence à ses propos tenus en mai 2025 sur la gestion de la guerre à Gaza, avant de le modifier en ces termes : « L'adversaire de gauche de Netanyahou se positionne comme le faiseur de rois de la politique israélienne.» Cette modification pourrait-elle avoir été demandée par la direction du groupe ? La question mérite d'être posée, The Telegraph appartenant depuis l'an dernier au groupe allemand Axel Springer, également propriétaire du quotidien Bild, qui revendique depuis longtemps un soutien affirmé au droit à l'existence et à la sécurité d'Israël, engagement inscrit dans sa charte éditoriale.
Le contenu de l'article est resté largement inchangé, il revient également sur son discours prononcé lors de Yom HaShoah en 2016, alors qu'il était vice-chef d'état-major de Tsahal. Il y évoquait des « processus » observables dans la société israélienne qui lui rappelaient ceux ayant précédé la montée du nazisme en Europe. Pour The Telegraph, cette controverse a largement contribué à écarter Yaïr Golan de la course au poste de chef d'état-major.
Le journal rappelle également le parcours militaire de Yaïr Golan. Ancien commandant de la région Nord puis vice-chef d'état-major de Tsahal, il est présenté comme un officier expérimenté. Il évoque aussi son intervention du 7 octobre 2023, lorsqu'il s'était rendu dans le sud d'Israël pour participer aux opérations de secours après l'attaque du Hamas.
Au-delà de son passé militaire, The Telegraph présente Yaïr Golan comme celui qui tente aujourd'hui de rassembler le centre-gauche israélien autour d'un programme axé sur la défense des institutions démocratiques, la lutte contre la corruption et la reprise d'une initiative diplomatique avec les Palestiniens. Le quotidien rappelle également sa volonté d'interdire à toute personne mise en examen de former un gouvernement, une mesure qui viserait directement Benyamin Netanyahou.
Cette Une a rapidement suscité de vives réactions en Israël. Le Premier ministre s'en est même saisi pour attaquer son adversaire politique : « Le titre du Telegraph britannique cite aujourd'hui les propos de Yaïr Golan : "Israël tue des enfants pour le plaisir". Quel mensonge absolu. Quel dommage terrible causé à notre combat juste et à nos héroïques combattants. Je condamne fermement ce mensonge abject ! »