Les États-Unis ont repris leurs frappes contre l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, mettant fin à six jours d'accalmie relative. Le Commandement central américain -CENTCOM- a annoncé avoir visé « des dizaines de cibles » des Gardiens de la révolution, notamment des centres de commandement, des sites de missiles et de drones, des installations de surveillance côtière et des capacités navales. Les explosions ont été signalées dans plusieurs villes du sud de l'Iran, dont Bandar Abbas, Boushehr, Abadan et Ahvaz, ainsi que sur les îles de Qeshm, Kish et Abou Moussa.
Washington présente cette opération comme une riposte au tir de cinq missiles iraniens contre des forces américaines stationnées en Jordanie la veille. Selon les autorités jordaniennes, tous les projectiles ont été interceptés. Quelques heures plus tard, les États-Unis et l'Arabie saoudite avaient également mené des frappes contre des milices pro-iraniennes en Irak, où une vingtaine de conseillers iraniens auraient été tués, selon plusieurs médias.
À la Maison Blanche, Donald Trump a affiché sa détermination. Après avoir promis de « frapper très durement » l'Iran, il a laissé entendre qu'une réponse plus importante pourrait suivre, tout en affirmant vouloir maintenir une porte ouverte aux discussions avec Téhéran. Le président américain examinerait actuellement un plan élaboré par le commandant du CENTCOM, l'amiral Brad Cooper qui prévoit une campagne aérienne de 10 à 14 jours dont l'objectif est de porter un coup sévère aux capacités balistiques iraniennes. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, soutiendrait cette option, tandis que Donald Trump hésiterait encore entre une offensive de grande ampleur et des frappes plus limitées afin de préserver une éventuelle reprise des négociations.
En déplacement à Washington, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réaffirmé que la décision appartenait exclusivement au président américain. Dans un entretien accordé à ABC, il a indiqué que trois scénarios étaient désormais sur la table : un accord avec Téhéran, le maintien de la pression stratégique autour du détroit d'Ormuz ou une reprise des opérations militaires. Selon lui, la probabilité d'un accord reste faible, même si l'Iran est aujourd'hui « plus faible que jamais ».
Selon plusieurs responsables américains, Donald Trump n'a pas encore arrêté son choix. Mais la reprise des frappes et l'étude d'une campagne aérienne prolongée témoignent d'une nouvelle phase de l'escalade entre Washington et Téhéran, alors que les efforts diplomatiques semblent dans l'impasse.