Depuis le 13 juillet, au moins 1 500 détenus condamnés à mort à la prison de Ghezel Hesar, près de Téhéran, refusent toute nourriture pour protester contre la vague d'exécutions en cours en République islamique.
Des images diffusées depuis l'intérieur de l'établissement montrent des détenus assis en rangs dans le couloir séparant les cellules, brandissant des pancartes manuscrites portant l'inscription « Non aux exécutions » et scandant : « Soyez notre voix ! »
Le quotidien britannique The Guardian a indiqué avoir reçu une vidéo, qu'il n'a pas publiée, montrant un détenu expliquant face caméra son intention de se coudre les lèvres, après que six jours de grève furent passés sans qu'aucun responsable pénitentiaire n'ait réagi à la protestation. Une autre vidéo montre un détenu appelant à une prise en charge médicale urgente pour des codétenus dont l'état se dégrade, affirmant que les gardiens n'ouvrent pas la porte pour permettre leur transfert vers l'infirmerie de la prison.
Selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), groupe d'opposition en exil, cité par Fox News, l'état physique des grévistes continuait de se détériorer au quinzième jour de la protestation, sans qu'aucune mesure de prise en charge médicale n'ait été mise en place par les autorités pénitentiaires malgré cette dégradation.
Face à la mobilisation, les autorités carcérales ont intensifié la pression sur les grévistes. Selon HRANA, plusieurs centaines de détenus non condamnés à mort ont été transférés au cours de la semaine écoulée depuis le quartier où se déroule la protestation vers d'autres sections de la prison, la direction ayant décidé que seuls les condamnés à mort resteraient désormais dans cette aile. Les autorités pénitentiaires n'ont fourni aucune explication sur les raisons ou les modalités de ces transferts.
Ce mouvement de protestation s'inscrit dans la continuité d'un précédent mouvement mené dans le même quartier en octobre dernier. Une grève de la faim collective de sept jours avait alors conduit des représentants du chef du pouvoir judiciaire, du directeur de l'administration pénitentiaire et du directeur de la prison à rencontrer les grévistes et à s'engager à geler les exécutions pendant au moins six mois, à permettre un réexamen des dossiers des condamnés à mort et à faire avancer une réforme de la loi sur les stupéfiants.
Les détenus avaient alors mis fin à leur grève, mais affirment aujourd'hui que la reprise des exécutions démontre que ces engagements ont été abandonnés. Selon The Guardian, des manifestations de familles de condamnés à mort se sont également tenues à l'extérieur de la prison, et auraient été réprimées avec violence par les autorités.