Le second rapport annuel du J7 Task Force, qui rassemble les grandes communautés juives d'Argentine, d'Australie, du Canada, de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis (soit plus de 90 % des Juifs de la diaspora) a documenté plus de 23 000 incidents antisémites au cours de l'année 2025 dans ces sept pays. Par rapport à 2022, dernière année complète avant l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le nombre total d'incidents dans ces pays a bondi de 136 %, tandis que les incidents à caractère violent ont progressé de 97 %.
Vingt personnes ont perdu la vie dans des attentats antisémites au cours de l'année écoulée, à Sydney, Manchester, Washington et Boulder, dans le Colorado. Ce chiffre fait de 2025 l'année la plus meurtrière en matière de violence antisémite visant les Juifs de la diaspora depuis l'attentat contre le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires, en 1994.
Selon le rapport, l'ensemble des vingt victimes ont été tuées sur le territoire des pays membres du J7 : quinze personnes lors d'une célébration de Hanoukka sur la plage de Bondi, à Sydney ; deux à la synagogue de Heaton Park, à Manchester, le jour de Yom Kippour ; deux au musée juif du Capitole, à Washington ; et une femme à Boulder, dans le Colorado.
Le rapport relève des évolutions contrastées selon les pays : le nombre d'incidents a reculé aux États-Unis (-33 %), en Australie (-20 %), au Canada (-16 %) et en France (-16 %), tandis qu'il a progressé au Royaume-Uni (+5 %), en Argentine (+4 %) et, de façon marginale, en Allemagne (moins de 1 %). Mais dans tous les pays étudiés, le niveau global d'antisémitisme demeure nettement supérieur à celui observé avant le 7 octobre 2023.
Depuis 2021, c'est l'Australie qui affiche la plus forte progression du nombre d'incidents antisémites, avec une hausse de 270 %, devant l'Allemagne (+215 %), les États-Unis (+131 %) et la France (+124 %).
Rapporté à la taille de la population juive locale, c'est l'Allemagne qui affiche le taux d'incidents le plus élevé, avec près de 70 incidents pour 1 000 Juifs en 2025, un taux près de cinq fois supérieur à celui de l'Australie, six fois supérieur à celui du Royaume-Uni, et près de soixante-dix fois supérieur à celui des États-Unis.
Le rapport souligne également le rôle central joué par l'antisionisme comme motivation dans une part significative des incidents recensés : 48 % des cas au Royaume-Uni, 45 % aux États-Unis et 23 % en Allemagne.