Les tensions entre les États-Unis et la France étaient palpables ce vendredi 24 juillet aux Nations unies, à la suite de la reconduction de Volker Türk au poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.
Quelques heures après le vote de l'Assemblée générale, la délégation américaine a quitté une réunion du Conseil de sécurité, dénonçant les déclarations de la France, qui avait vivement critiqué la position de Washington.
Réunie à New York vendredi dernier, l'Assemblée générale des Nations unies a approuvé un second mandat de quatre ans pour Volker Türk, qui dirigera le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme jusqu'en octobre 2030.
La résolution a été adoptée par 144 voix pour, 10 contre et 13 abstentions. Parmi ceux qui ont voté contre se trouve: les Etats-Unis, Israël et la Russie.
Volker Türk a multiplié pendant son mandat les condamnations d'Israël et notamment de son action à Gaza et au Liban, parlant de ''nettoyage ethnique'' dans la Bande de Gaza et déclarant en 2025: ''Il faut arrêter cette folie'' puis au mois de juin dernier: ''Nous n'avons plus de drapeaux rouge à agiter'', estimant qu'il n'avait pas assez de mots pour dénoncer l'Etat hébreu. Il avait aussi exiger le retrait d'Israël de Judée-Samarie, estimant sa présence ''illégale''.
Avant le vote, Washington avait tenté, sans succès, d'obtenir un report d'une semaine afin de poursuivre les consultations. De son côté, la Russie avait proposé de limiter la prolongation du mandat de Volker Türk à quelques mois seulement. Ces deux initiatives ont été rejetées par les États membres.
À l'issue du scrutin, la représentation française auprès des Nations unies à Genève a vivement réagi au vote des États-Unis.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la diplomatie française a déclaré que « les États-Unis étaient autrefois un phare des droits de l'homme. Ce n'est plus le cas aujourd'hui », établissant un parallèle entre la position américaine et celle de plusieurs régimes autoritaires.
Cette déclaration a provoqué une vive colère au sein de la délégation américaine. Quelques heures plus tard, alors que le Conseil de sécurité tenait une réunion distincte consacrée à un autre dossier, la délégation américaine a quitté la salle en signe de protestation contre les propos tenus par la France.
L'ambassadeur américain auprès de l'ONU, Mike Waltz, a accusé Paris de défendre un responsable qui « fait la leçon aux démocraties » tout en ménageant « les pires oppresseurs du monde », en parlant de Volker Türk.