Selon ces responsables, cette campagne viserait à orienter l'opinion publique, perturber la campagne électorale et accentuer les fractures entre les différents groupes de la société israélienne. Aucun détail n'a toutefois été fourni concernant les comptes, les plateformes ou les organisations impliqués, et les autorités n'ont pas précisé si ces opérations étaient directement pilotées par le gouvernement turc.
Les services de sécurité israéliens placent, donc, désormais la Turquie aux côtés de l'Iran, déjà accusé à plusieurs reprises de tenter d'influencer le débat public israélien à travers des campagnes de désinformation et d'ingérence numérique.
Ces révélations interviennent alors que le directeur du Shin Bet, David Zini, devait présenter à une sous-commission confidentielle de la Knesset des informations sur de possibles tentatives d'ingérence étrangère dans les élections. Il devait également évoquer les capacités des services israéliens à détecter des flux financiers clandestins destinés à financer des activités politiques en Israël.
Le président de l'État, Itshak Herzog, avait lui aussi alerté la semaine dernière sur les menaces pesant sur l'intégrité du scrutin après une réunion avec David Zini et le vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg. Il avait appelé les autorités à agir avec fermeté et invité les Israéliens à faire preuve de prudence face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
L'inquiétude est renforcée par un rapport publié plus tôt ce mois-ci par le Contrôleur de l'État, selon lequel Israël ne dispose toujours pas d'une stratégie nationale coordonnée pour répondre aux campagnes d'influence étrangères en ligne, malgré des alertes répétées depuis plusieurs années. Le rapport souligne que des acteurs hostiles, notamment l'Iran, utilisent les réseaux sociaux pour attiser les divisions, semer la panique et tenter de manipuler l'opinion publique.
À trois mois des élections, les autorités israéliennes considèrent désormais les opérations d'influence numérique comme l'une des principales menaces pesant sur le bon déroulement du premier scrutin national organisé depuis le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi.