Des messages échangés dans la nuit précédant l'attentat meurtrier de vendredi dernier en Samarie, qui a coûté la vie à Benayahou Melet et au capitaine Yuval Ezra, montrent que des responsables de Tsahal avaient connaissance, plusieurs heures à l'avance, de la tenue d'une randonnée dans le secteur de Havat Gilad, sans qu'un accompagnement armé n'ait finalement été mis en place.
Le responsable de la sécurité de Havat Gilad qui n'était pourtant ni organisateur et ne participait pas à la randonnée, a été alerté dès jeudi soir par un officier de la brigade de Samarie. Vers 20h00, ce dernier lui a transmis une question reçue d'un autre responsable au sein de la brigade : il demandait s'il avait connaissance d'une randonnée organisée le lendemain dans le secteur de Havat Gilad, entre 5h00 et 11h00 environ, à proximité notamment des villages de Burin et Jit, pour marquer une semaine après le terrible incendie qui a ravagé la localité de Havat Gilad. Le responsable de la sécurité a répondu par la négative dans l'instant.
Au fil de la soirée, il a toutefois pris conscience qu'un flou pouvait exister sur la prise en charge de la sécurité de l'événement. Peu avant 1h00 du matin, il a relancé son contact militaire pour savoir ce qu'il savait exactement et s'il existait un contact côté organisateurs. La réponse, sous forme de message vocal, était sans équivoque : l'officier reconnaissait ne rien savoir de plus, avoir reçu l'information sans le moindre contact ni précision.
Quelques minutes plus tard, à 00h55, le responsable de la sécurité a retrouvé de son côté le message de diffusion annonçant la randonnée, intitulé « Vers le secteur de Havat Gilad », et l'a transmis intégralement à son interlocuteur militaire, avec le tracé complet, les horaires, le point de rassemblement des chauffeurs et le point de départ. La réponse reçue, un court message vocal, se limitait à une validation informelle.
En parallèle, le responsable de la sécurité de Havat Gilad échangeait également avec un autre officier opérationnel de la brigade, alors présent sur le terrain. À 1h43, il lui a transmis à son tour l'itinéraire détaillé de la randonnée. Huit minutes plus tard, cet officier lui a demandé si les randonneurs seraient accompagnés de personnes armées. Le responsable de la sécurité a répondu qu'il le pensait, sans certitude, précisant tenter de joindre les organisateurs par un tiers, sans succès à ce stade. L'officier a alors indiqué qu'il repositionnait ses forces en conséquence.
D'après la reconstitution de ces échanges, le responsable de la sécurité de Havat Gilad, bien qu'étranger à l'organisation de la sortie, avait identifié le risque que représentait la présence de civils dans ce secteur et avait tenté, tout au long de la nuit, d'alerter la chaîne militaire, d'organiser une protection et d'établir un contact direct avec les randonneurs.
Finalement aucune protection rapprochée de l'armée n'a été prévue pour ces randonneurs. Le groupe, composé d'une trentaine de personnes selon des sources sécuritaires, s'était rassemblé vendredi à 4h45 au point de vue de Mitzpe Yishai. Après une prière à Har Bracha, les marcheurs ont entamé vers 5h30 une randonnée d'environ 15 kilomètres.