Moyen-Orient

Escalade en mer Rouge : l'Arabie saoudite frappe Hodeïda après une attaque houthie contre un de ses navires

Les Houthis auraient répliqué en tirant des missiles et des drones vers le territoire saoudien

4 minutes
25 juillet 2026

ParJohanna Afriat

Escalade en mer Rouge : l'Arabie saoudite frappe Hodeïda après une attaque houthie contre un de ses navires
Port d'Hodeïda au Yémen Photo : Réseaux sociaux 27A

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L'Arabie saoudite a annoncé vendredi soir avoir mené des frappes contre des cibles houthies dans la région du port d'Hodeïda, au Yémen, en réponse à une attaque menée plus tôt dans la journée contre un navire saoudien, peu après que les rebelles aient proclamé un « blocus naval » visant le royaume.

Selon des informations circulant samedi matin au Yémen, les Houthis auraient répliqué en tirant des missiles et des drones vers le territoire saoudien — une information que Riyad n'a pas encore confirmée, mais qui a été suivie de mises en garde adressées aux habitants des villes de Jazan et Yanbu.

Des chaînes d'information proches de Téhéran ont fait état d'une frappe houthie contre une raffinerie du groupe Aramco, dans la zone industrielle de Jazan, ainsi que d'une suspension du trafic aérien dans les aéroports de Djeddah et de Riyad.

Cette escalade fait suite à la diffusion, vendredi soir, d'un reportage de la télévision saoudienne évoquant une attaque contre un navire battant pavillon saoudien en mer Rouge, légèrement endommagé mais ayant pu poursuivre sa route. Les Houthis n'ont pas officiellement revendiqué cette attaque.

En représailles, l'armée saoudienne a frappé la ville portuaire d'Hodeïda, sur la côte de la mer Rouge, provoquant selon la chaîne Al-Arabiya plusieurs explosions dans des dépôts d'armes. Des frappes ont également visé l'île de Kamran, au large de la ville. Une source yéménite a confirmé à Ynet la responsabilité des Houthis dans l'attaque du navire, précisant que les infrastructures portuaires ainsi que des dépôts d'armes et de carburant avaient été touchés à Hodeïda.

Les Houthis ont promis une riposte à la hauteur de l'offensive. Un haut responsable du mouvement, Hazam al-Assad, a averti que toute escalade saoudienne entraînerait une escalade encore plus sévère, résumant la doctrine du mouvement par la formule « port contre port, aéroport contre aéroport ». La coalition menée par Riyad a de son côté confirmé avoir visé des cibles militaires houthies dans la province d'Hodeïda, tout en assurant ne pas avoir frappé le port lui-même, les objectifs détruits étant, selon elle, liés à des menaces contre le trafic maritime commercial en mer Rouge.

Lundi déjà, le porte-parole militaire houthi Yahya Sarieh avait annoncé l'instauration d'un embargo naval contre l'Arabie saoudite, invoquant la loi du talion et revendiquant le droit de répondre à toute mesure de siège par une mesure équivalente.

Cette flambée de tensions, amorcée il y a une dizaine de jours après une frappe saoudienne contre l'aéroport international de Sanaa, s'inscrit dans un cycle de représailles réciproques. Les Houthis avaient alors dénoncé une tentative de Riyad d'empêcher l'atterrissage d'un avion iranien, avant de répliquer par des tirs de missiles contre des aéroports saoudiens.

Cet épisode ravive un conflit ancien entre les deux camps. Après la prise de Sanaa par les Houthis fin 2014 et le renversement du gouvernement reconnu par la communauté internationale, l'Arabie saoudite avait formé en 2015 une coalition militaire arabe, menant des milliers de frappes aériennes et imposant un blocus terrestre et maritime pour tenter de restaurer le pouvoir en place. Cette intervention, si elle a empêché une prise de contrôle totale du pays par les rebelles, n'est cependant jamais parvenue à les vaincre : les Houthis ont conservé le contrôle du nord du Yémen et poursuivi, au fil des années, leurs tirs de missiles et de drones contre des villes, aéroports et sites pétroliers saoudiens. Le conflit a par ailleurs engendré l'une des pires crises humanitaires au monde, valant à la coalition saoudienne de vives critiques internationales pour les dommages infligés aux populations civiles.

Depuis 2022, Riyad avait privilégié une approche plus diplomatique, misant sur le dialogue direct avec les rebelles. Un calme relatif s'était alors installé à la frontière, l'Arabie saoudite orientant sa stratégie vers un règlement politique et un soutien économique au gouvernement yéménite — sans qu'un accord de paix global n'ait pu être conclu à ce jour.

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