Au lendemain de la signature de l'accord sur le nucléaire civil entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, les journaux saoudiens affichent leur satisfaction et présentent le texte comme une étape historique pour le royaume. En Israël, en revanche, responsables politiques et anciens hauts responsables de la sécurité mettent en garde contre le risque d'une prolifération nucléaire au Moyen-Orient.
En une, le quotidien Okaz célèbre un « accord nucléaire historique », et évoque un partenariat saoudo-américain de trente ans qui permettra au royaume de développer son programme nucléaire civil et d'enrichir de l'uranium sur son territoire.
Le quotidien Al Riyadh insiste sur le caractère pacifique du projet, saluant un accord de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire civile. Le journal souligne qu'il s'agit d'un nouveau jalon dans le partenariat stratégique entre Riyad et Washington, destiné à soutenir la diversification énergétique du royaume et son développement économique.
De son côté, Asharq Al-Awsat titre sur un « partenariat pour les décennies à venir ». Le journal met en avant les retombées économiques de l'accord, qui ouvre le marché saoudien aux entreprises américaines et renforce les liens stratégiques entre les deux alliés.
L'accord, conclu pour une durée de trente ans, autorise l'Arabie saoudite à développer un programme nucléaire civil. Contrairement à ce que réclamait l'administration Biden, il n'est pas conditionné à une normalisation des relations avec Israël. Il ne reprend pas non plus le « Gold Standard », qui interdisait l'enrichissement domestique de l'uranium et imposait des garanties de non-prolifération plus strictes.
En Israël, ces concessions suscitent une vive inquiétude. D'anciens responsables de la sécurité estiment que la possibilité accordée à Riyad d'enrichir de l'uranium pourrait ouvrir la voie à une course aux armements nucléaires dans la région : « lorsqu'un État maîtrise le cycle du combustible et la technologie d'enrichissement, la distance entre un programme civil et une capacité nucléaire militaire de seuil se réduit considérablement ». Selon eux, le véritable enjeu n'est pas l'Arabie saoudite d'aujourd'hui, mais celle qui existera dans dix ou vingt ans, alors que les régimes et les alliances peuvent évoluer.