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Le saviez-vous? C'est un Israélien qui est à l'origine des séances de tirs au but au football

L'idée de départager deux équipes par cinq tirs de pénalty a été soufflée à la FIFA par un Israélien en 1970.

4 minutes
21 juillet 2026

ParGuitel Benishay

Le saviez-vous? C'est un Israélien qui est à l'origine des séances de tirs au but au football
Photo: IStock

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Chaque grand tournoi de football réserve son lot de tension extrême lorsqu'un match nul débouche sur une séance de tirs au but. Peu de supporters savent pourtant que ce rituel dramatique, qui a fait basculer des Coupes du monde entières, doit son existence à un homme : Joseph (Yosef) Dagan, dirigeant israélien du football dans les années 1960. Retour sur l'histoire de cette invention devenue un pilier universel du sport.

Joseph Dagan était à l'origine journaliste sportif pour le quotidien israélien Ha'aretz avant de rejoindre les instances du football national. Il devint secrétaire général de la Fédération israélienne de football dans les années 1960, un poste qui allait le placer au cœur de l'un des épisodes les plus injustes de l'histoire du football international.

Tout commence lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968. L'équipe d'Israël réalise un parcours remarquable jusqu'en quart de finale, où elle affronte la Bulgarie. Le match se termine par un score nul de 1-1 après prolongation.

À cette époque, l'arbitrage des matchs à égalité ne reposait pas sur les tirs au but, mais sur un procédé jugé aujourd'hui totalement absurde : le tirage au sort. Le capitaine israélien Mordechai Spiegler a pioché un papier dans un grand sombrero, sur lequel était inscrit « non », tandis que son homologue bulgare tirait le papier marqué « oui ». La Bulgarie fut ainsi qualifiée pour les demi-finales, éliminant Israël sur un simple coup du sort.

Cette élimination, vécue comme une profonde injustice, va pousser Joseph Dagan à agir. Révolté par ce système, Dagan estime qu'il doit exister une meilleure façon de trancher ces moments décisifs, une méthode qui dépende davantage de l'habileté des joueurs que du simple hasard. Avec le soutien de Michael (Micha) Almog, alors dirigeant puis futur président de la Fédération israélienne de football, il élabore un nouveau format pour départager les équipes.

Dagan et Almog rédigent une proposition officielle qu'ils adressent à la FIFA en 1969. Dans leur lettre adressée au président de la FIFA de l'époque, Sir Stanley Rous, ils demandent de mettre fin à cette manière de désigner un vainqueur par tirage au sort, qu'ils qualifient de système immoral, voire cruel pour l'équipe perdante et peu honorable pour le vainqueur.

Leur proposition est simple et reste, dans ses grandes lignes, celle utilisée aujourd'hui : une séance de cinq tirs au but par équipe, suivie d'une mort subite si l'égalité persiste. Cette lettre est publiée dans le magazine officiel de la FIFA la même année, suscitant un débat international sur la meilleure façon de départager les équipes.

Après discussions, l'International Football Association Board (IFAB) adopte officiellement la proposition le 27 juin 1970. Il est à noter que Dagan n'était pas totalement seul dans cette démarche : l'arbitre allemand Karl Wald avait, de son côté, avancé une idée similaire à la même période. Selon certaines sources, la commission des arbitres de la Fédération malaisienne a également soutenu cette initiative pour son adoption par la FIFA.

Depuis, la séance de tirs au but s'est imposée comme le mode de départage universel dans toutes les grandes compétitions, de la Coupe du monde à la Ligue des champions.

Malgré son rôle décisif, Joseph Dagan n'a pas toujours reçu la reconnaissance qu'il méritait des grandes instances mondiales. Il n'a par exemple jamais été officiellement crédité par la FIFA pour cette invention. En revanche, l'UEFA a su saluer sa contribution : en 2002, l'organisation lui a remis l'Ordre du Mérite en rubis pour ses services rendus au football européen, le décrivant comme une figure ayant joué un rôle majeur dans le développement du football en Israël et comme un catalyseur essentiel de la procédure des tirs au but.

Dagan est décédé en 2020, à l'âge de 93 ans, laissant derrière lui un héritage que des millions de joueurs et de supporters vivent encore aujourd'hui à chaque séance de tirs au but.

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