Des formulaires en ligne invitant les internautes à signaler la présence de citoyens israéliens et de Juifs italiens dans des hôtels et autres lieux touristiques en Italie ont été retirés après l'intervention des autorités italiennes, suscitant une vive indignation au sein de la communauté juive et de la classe politique.
Selon plusieurs médias italiens, ces formulaires demandaient aux utilisateurs d'indiquer les lieux fréquentés par des visiteurs israéliens ou juifs, ainsi que des informations sur d'éventuelles acquisitions immobilières, dans le but affiché de « cartographier » ce qu'ils qualifiaient de « tourisme sioniste » et de « néocolonisation sioniste » en Italie.
Les auteurs affirmaient que les informations recueillies devaient être transmises au Mouvement mondial Sumud afin de coordonner de futures initiatives. Contacté par le quotidien La Repubblica, le mouvement a toutefois nié toute implication, assurant n'avoir ni créé ni commandité ces formulaires.
Le retrait des documents est intervenu après l'intervention du général Pasquale Angelosanto, coordinateur national italien de la lutte contre l'antisémitisme.
Le président de la communauté juive de Milan, Walker Meghnagi, a dénoncé une initiative « extrêmement grave », estimant qu'elle rappelait « la chasse aux Juifs des années 1930 ».
« Cartographier l'emplacement des Juifs est une affaire extrêmement sérieuse », a-t-il déclaré, mettant en garde contre le risque que ce type d'initiative encourage des passages à l'acte.
La communauté juive de Milan a indiqué avoir transmis le dossier aux autorités compétentes, sans engager pour l'heure de procédure judiciaire en son nom.