Le chef spirituel du courant "lituanien" du monde orthodoxe, le Rav Dov Landau, 96 ans, a suscité une vive polémique après des propos extrêmement durs tenus hier soir (dimanche) à l'encontre du sionisme religieux et des soldats religieux servant au sein de Tsahal. Ses déclarations ont été formulées lors d'une rencontre avec les dirigeants de la yeshiva de Mir à son domicile de Bnei Brak.
Lors de cette rencontre, à laquelle participait notamment le Rav Eliezer Yehuda Finkel, le Rav Landau s'en est pris frontalement aux courants du public religieux qui considèrent l'enrôlement dans l'armée comme une valeur essentielle.
Visant explicitement la communauté sioniste-religieuse, le Rav Landau a demandé si le fait que l'État envoie des soldats accomplir des missions « au nom de l'honneur national », et qu'ils tuent des gens dans ce cadre, pouvait être considéré comme licite. « Je parle des kippas tricotées que l'on oblige à partir [à l'armée]. » Il a poursuivi : « Si l'État envoie des gens, des soldats, au nom de l'honneur de l'État, et qu'ils tuent des gens, est-ce que cela aussi est permis ? C'est un véritable meurtre. Alors ils incitent au meurtre. Ils font la guerre non seulement pour sauver des vies, mais pour l'honneur de l'État. »
Interrogé sur la teneur des prières à formuler en cette période de tensions, le Rav Landau a répondu : « Que le Nom [Divin] aide, que ce soit pour le bien. Nous ne Lui donnons pas de conseils. Ce sera pour le bien. C'est une situation difficile et grave. Prions le Saint béni soit-Il pour que tout passe comme un rêve qui s'envole, comme un souffle de vent, comme un nuage qui se dissipe. »
Cette sortie s'inscrit dans une série de prises de position similaires du Rav Landau ces derniers mois, où il a notamment affirmé que les soldats religieux-sionistes tombés au combat mouraient en raison d'un enseignement religieux qu'il juge « déformé », et où il a également mis en cause le sionisme dans la détérioration des relations entre Israël et les pays arabes. Ces déclarations interviennent aussi après des propos négatifs tenus par le député Moshé Gafni (Yahadout Hatorah) contre le sionisme religieux.