Sécurité

Espionnage : les services de sécurité mobilisent les rabbins pour contrer les tentatives de recrutement iraniennes

Depuis plusieurs années, l'Iran recrute des citoyens israéliens via les réseaux sociaux et les messageries chiffrées afin de leur confier des missions d'espionnage ou de sabotage

3 minutes
19 juillet 2026

ParJohanna Afriat

Espionnage : les services de sécurité mobilisent les rabbins pour contrer les tentatives de recrutement iraniennes
Rav Yigal Cohen Photo by David Cohen/Flash90

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Face à la multiplication des tentatives de recrutement d'Israéliens par les services de renseignement iraniens, les autorités israéliennes ont lancé une campagne de sensibilisation inédite en s'appuyant sur des figures influentes du monde orthodoxe. Selon une enquête du New York Times, les services de sécurité ont demandé à plusieurs grands rabbins d'alerter publiquement leurs fidèles sur les risques liés à ces approches.

Depuis plusieurs années, l'Iran recrute des citoyens israéliens via les réseaux sociaux et les messageries chiffrées afin de leur confier des missions d'espionnage ou de sabotage. Des dizaines d'actes d'accusation ont déjà été déposés contre des suspects issus de différents secteurs de la société israélienne, parmi lesquels des soldats, des réservistes, des citoyens arabes, des nouveaux immigrants et plusieurs membres de la communauté haredi.

Parmi les personnalités mobilisées figure le rav Yigal Cohen, membre du Conseil du Grand Rabbinat et personnalité très suivie sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo diffusée ces dernières semaines, il met en garde contre les propositions émanant d'agents iraniens et rappelle que toute collaboration constitue une grave atteinte à la sécurité de l'État, passible de lourdes peines de prison. Selon lui, cet appel fait suite à des informations transmises par les services de sécurité sur l'intensification des opérations de recrutement menées par Téhéran.

Les enquêteurs décrivent un mode opératoire bien rodé. Les recruteurs contactent leurs cibles, le plus souvent via Telegram et sous de fausses identités, en leur proposant des missions simples et rémunérées, comme photographier des bâtiments ou des rues. Les demandes évoluent ensuite vers la collecte d'informations sensibles concernant des installations militaires, des infrastructures stratégiques ou des systèmes de défense.

Plusieurs affaires récentes illustrent le recrutement iranien au sein du secteur orthodoxe. Selon les autorités, un citoyen américain ayant étudié dans une yeshiva à Jérusalem a été arrêté après avoir photographié des sites sensibles pour le compte d'un agent iranien.

Un autre dossier concerne deux frères issus de la communauté haredi de Beitar Illit. D'après l'acte d'accusation, l'un d'eux, étudiant en informatique, se serait fait passer pour un officier de l'unité 8200 et aurait utilisé l'intelligence artificielle pour fabriquer de faux documents militaires. Les deux hommes auraient perçu près de 100 000 shekels en cryptomonnaies. Leur avocat affirme toutefois qu'ils ont volontairement fourni de fausses informations afin de tromper leur interlocuteur iranien. Les autorités israéliennes rappellent néanmoins que le simple fait d'entretenir des contacts avec une puissance ennemie constitue une infraction grave susceptible de compromettre la sécurité nationale.