Les manifestations propalestiniennes qui secouent depuis des mois les universités occidentales sont perçues par le Hezbollah comme bien plus qu'un mouvement de solidarité. Pour le mouvement terroriste libanais, elles représentent une opportunité stratégique.
Dans un entretien accordé en juin 2024 à Russia Today Arabic et récemment remis en lumière par MEMRI, Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire « Fidélité à la Résistance » et l'un des principaux dirigeants politiques du Hezbollah, appelle ouvertement son organisation à « investir » dans cette mobilisation.
« Nous devons investir dans les étudiants occidentaux. Nous devons pénétrer au cœur des sociétés occidentales et nous adresser aux populations occidentales », déclare-t-il. Selon lui, si la participation des étudiants musulmans est naturelle, c'est celle des étudiants occidentaux qui constitue le véritable enjeu pour l'avenir.
Ces déclarations éclairent la manière dont le Hezbollah envisage le front occidental : non plus seulement comme un espace diplomatique ou médiatique, mais comme un terrain d'influence idéologique où les mouvements étudiants peuvent contribuer à diffuser son discours bien au-delà du Moyen-Orient.
La vidéo a été publiée par MEMRI, un organisme spécialisé dans la traduction et l'analyse des médias du Moyen-Orient. Les propos de Mohammad Raad avaient déjà été évoqués au Parlement britannique lors d'un débat consacré à la menace que représente le Hezbollah, certains élus s'interrogeant sur l'influence que le mouvement pourrait chercher à exercer sur les mobilisations étudiantes en Occident.
Si de nombreuses publications sur les réseaux sociaux affirment que Mohammad Raad aurait déclaré que « les étudiants occidentaux déstabiliseront leurs propres pays », cette formulation n'apparaît pas dans la traduction publiée par MEMRI. En revanche, son appel à « investir » dans les campus occidentaux et à pénétrer les sociétés européennes et américaines est, lui, parfaitement explicite.